Depuis 8 ans, nous nous occupons du dossier des carburants. Ce n’est pas le seul dossier qui asphyxie le quotidien des Corses mais, n’ayant pas des moyens illimités, c’est celui que nous avons choisi.
Depuis 8 ans, nous avons expliqué, critiqué et dénoncé le système de distribution qui se situe en amont des stations-services.
Un système aujourd’hui dominé en amont par le groupe Rubis, tout en rappelant que si Rubis est venu en Corse, c’est aussi parce que TotalEnergies le voulait bien. Sinon, il lui aurait suffi, en 2009, de ne pas lui céder une partie importante de son réseau de stations et 25 % du capital de DPLC.
Il est donc assez singulier de présenter aujourd’hui Rubis comme le petit acteur sans défense face au mastodonte TotalEnergies, comme si les deux groupes s’étaient toujours trouvés face à face. TotalEnergies a lui-même contribué à installer Rubis dans le paysage pétrolier corse.
Depuis 8 ans, nous n’avons jamais ciblé les stations-services. Ces dernières ne représentent qu’une très faible partie des marges qui sont ponctionnées tout au long de la chaîne de distribution. Et elles sont elles-mêmes victimes du système qui a été mis en place en amont.
Nous sommes d’ailleurs prêts à payer un plein d’essence (vu le prix, ce n’est pas peu dire) à qui trouverait dans nos analyses un propos qui incriminerait les stations-services !
Depuis 8 ans, nous nous sommes abstenus de toute attaque ad hominem.
Oui, nous avons critiqué le groupe Rubis car il a pris une place centrale dans la distribution des carburants en Corse.
Oui, nous avons critiqué les prises de position de certaines personnes, mais dans le cadre de leurs fonctions.
Mais jamais nous n’avons sali les hommes pour ce qu’ils étaient.
Dès lors, nous nous étonnons qu’une infime partie des acteurs de la distribution ait décidé de franchir le cap des attaques personnelles, en cherchant non pas à discuter des chiffres, mais à s’en prendre aux personnes.
Nous ne comprenons pas, également, la position du collectif dit « des indépendants », qui nous rend responsables de tous leurs maux alors que nous avons toujours affirmé que le problème se situait en amont des détaillants.
Il y a, de la part de certains, une confusion troublante entre la défense parfaitement légitime des gérants et des salariés des stations et la défense des intérêts de Rubis.
Pourtant, défendre les pompistes ne dispense pas de demander des comptes à leur fournisseur. C’est même exactement l’inverse.
Doit-on rappeler que Rubis aime beaucoup les îles ? Pas seulement pour les plages : Haïti, Madagascar, Antilles, Réunion…
On retrouve souvent la même recette : une position forte dans la distribution et la maîtrise des infrastructures logistiques.
D’ailleurs, Rubis l’écrit lui-même : il recherche une « position de leader sur un marché de niche associée au contrôle de sa logistique d’approvisionnement ».
Tout est dit…
Doit-on rappeler qu’il y a quelques mois, l’Autorité de la concurrence n’a pas décrit Rubis comme une victime du marché corse ?
Elle l’a sanctionné à hauteur de 64,7 millions d’euros pour une pratique anticoncurrentielle concernant précisément l’accès aux dépôts.
Alors raconter aujourd’hui l’histoire du petit Rubis sans défense face au grand TotalEnergies, c’est quand même oublier un morceau important du dossier.
Les intérêts économiques de TotalEnergies et de Rubis ne se confondent évidemment pas avec ceux des consommateurs corses.
« Rubis n’a pas les moyens de s’aligner sur le bouclier tarifaire », ce n’est pas une démonstration. C’est une affirmation.
Qu’on nous donne le coût d’achat du carburant destiné à la Corse, la marge de gros, le coût réel d’un alignement sur le bouclier tarifaire de TotalEnergies et surtout quelle est l’aide que Rubis accorde à son propre réseau.
Alors, chiffres contre chiffres, nous pourrons discuter sérieusement.
Défendre les pompistes est louable. Mais nous demander de croire Rubis sur parole, ce n’est pas tout à fait la même chose !
Aujourd’hui, nous devions participer à une émission de RCFM consacrée aux carburants. Nous avons été déprogrammés car il nous a été indiqué que certains membres de ce syndicat de pompistes avaient fait de notre absence une condition de leur participation.
Que les choses soient très claires : nous ne reprochons rien à la radio, qui nous ouvre régulièrement ses micros et pour laquelle nous avons du respect.
Mais nous nous étonnons que certains voient d’un mauvais œil la présence d’un collectif qui tente de représenter les usagers insulaires.
On peut refuser de débattre avec nous. On peut nous attaquer personnellement.
Mais cela ne répondra à aucune des questions que nous posons depuis 8 ans, ce sont ces questions qui nous intéressent.
Et elles resteront posées même si elles dérangent.
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